Le vibromasseur, de l’outil médical au sexshop

Le vibromasseur, du cabinet médical au sexshop

A l’affiche en ce moment, le film Oh My God! retrace l’histoire de la naissance du vibromasseur. Objet encore tabou pour certains, il a pourtant été l’instrument de l’émancipation sexuelle féminine.

S’inspirant d’une histoire vraie, le film nous projette dans l’Angleterre victorienne du XIXe siècle. Il se passe de bien étranges choses dans ce cabinet médical londonien. Le personnage principal, le jeune et séduisant docteur Mortimer Granville, (Hugh Dancy à ville) est spécialisé dans une maladie bien spéciale, l’hystérie féminine. Il développe alors un traitement à base de massages pelviens, méthode pratiquée par le corps médical. Autrement dit soigner en donnant du plaisir !Mais le jeune médecin et son poignet fatiguent et une vilaine crampe le contraint à se mettre au repos. C’est donc à cause ou plutôt grâce à ce contretemps qu’il invente, avec un collègue, le premier godemiché. Révolutionnaire et précurseur, cet objet fera partie des premiers accessoires de l’électroménager moderne. Et ne cessera de nous surprendre !

L’hystérie féminine, entre mystère et frustration.

Autrefois, l’incompréhension des hommes face à la sexualité des femmes, les amenaient à expliquer le phénomène d’hystérie par une simple frustration féminine. En effet, la société de l’époque, patriarcale et prude, ne donnait aucune importance au plaisir de la femme.

En psychanalyse, les recherches sur l’hystérie sont le point de départ du travail de Freud. On peut considérer cette maladie comme du ressort du domaine psychanalytique plutôt qu’à la médecine traditionnelle. Ainsi la frustration sexuelle chez la femme pouvait provoquer des troubles mentaux. Et le contexte socio-politique n’étant pas propice à la libération des mœurs, l’orgasme féminin restait un tabou. Et bien entendu, la masturbation était vu comme une pratique indigne des dames de la haute société. De nos jours, ce tabou est encore présent, peu de personnes osent en parler mais il reste du chemin à parcourir.

Le vibromasseur sur ordonnance.

Cliniquement, le sexe et mental vont de paire. Il a été démontré que le lien entre orgasme et la santé est bien réel. Le coït, dans le sens où il participe à l’exercice du périnée afin de palier à l’incontinence par exemple. Mais aussi psychologiquement, une personne comblée du point de vue sexuel, sera bien plus créative, calme et productive. Il paraitrait qu’une durée de vie plus longue est à attribuer aux bénéfices de l’orgasme. D’autre part, une femme aurait une résistance à la souffrance bien supérieure pendant un orgasme. L’orgasme pourrait même soulager les douleurs aigües des migraineuses. De quoi laisser penseur quand à l’excuse de la migraine justement !

Émancipation de la femme par le sexe.

Le gode est l’outil de la révolution féminine par excellence, gage de sa liberté de parole et surtout de jouir. Le film présente cet objet et sa création comme un acteur majeur de la libération de la femme mais surtout de l’évolution des droits civiques pour celle-ci, comme plus tard le vote, le droit à l’avortement…

Moralement, et religieusement, le sexe de la femme ne sert que pour la survie de l’espèce, la procréation. Nul plaisir n’y est accordé. Aujourd’hui encore les troubles de l’érection masculine sont l’objet de bien plus de recherches scientifiques. Le viagra féminin est loin d’être au point, parions que les chercheurs et médecins, masculins pour la grande majorité, ne mettent pas cette option dans leurs priorités.

Du côté shopping, le secteur du sextoy est en plein essor. Même s’il faudrait améliorer leur ergonomie pour qu’ils soient plus agréables et plus efficace. Souvent le design, ou simplement l’esthétique rose bonbon, ne plaisent pas aux femmes, look parfois trop enfantin, souvent phallique et en tout cas toujours érotique, chacune pourra tout de même chercher son point G, quelque part entre fantasme et liberté.

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